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https://www.courrierinternational.com/sites/ci_master/files/styles/image_original_1280/public/assets/images/kamal_haasan.png?itok=ELthmc-iL’acteur, producteur et réalisateur indien Kamal Haasan lors d’une conférence de presse à l’occasion d’un événement promotionnel, à Chennai, le 7 novembre 2017.  ARUN SANKAR / AFP

 

 

 

Après Rajinikanth, acteur ultrapopulaire des studios de Madras, c’est au tour du comédien et réalisateur Kamal Haasan de créer un parti, laissant présager un duel électoral haut en couleur en 2021 au Tamil Nadu.

 

Les amours du cinéma et de la politique se poursuivent au Tamil Nadu. Deux mois à peine après le lancement d’un nouveau parti par Rajinikanth, l’acteur le plus populaire de tous les temps dans cet État de 72 millions d’habitants, le septième art tamoul voit une autre de ses figures se lancer à son tour dans l’arène : Kamal Haasan, 63 ans, a posé mercredi 21 février les fondations du “Centre pour une justice populaire”.

 

Son objectif, explique The Hindu, est “d’offrir une alternative aux deux partis dravidiens” qui alternent au pouvoir dans cette région du sud de l’Inde depuis des décennies. “Ni de droite ni de gauche”, relève le principal quotidien de Madras, Kamal Haasan promet, dans la perspective des élections locales prévues en 2021, “un système éducatif de qualité pour tous, la fin de toute propagande basée sur les castes et les religions, la fourniture continue d’électricité et l’éradication de la corruption”.

 

Sur ce dernier thème, souligne The Hindu, le célèbre comédien est soutenu dans sa démarche par Arvind Kejriwal, le chef du gouvernement du territoire de Delhi, un inspecteur des impôts qui s’était lui-même lancé en politique en 2013 pour combattre la corruption qui gangrène une partie de la classe dirigeante.

 

Cheval de Troie du Premier ministre indien

 

Kamal Haasan est “fort en rhétorique” mais son discours a “peu de substance”, estime le site d’information Scroll. Il se pose “davantage en technocrate qu’en idéologue”, prône “le pragmatisme”, mais, sur les problèmes concrets que rencontre le Tamil Nadu, “ses prises de position trahissent un manque de compréhension des réalités”, juge Scroll.

 

La bataille électorale qui s’annonce entre Kamal Haasan et Rajinikanth promet toutefois d’être passionnante. Les deux protagonistes “se sont rencontrés mi-février” pour faire assaut d’amabilités l’un envers l’autre, rapporte The Economic Times, mais personne n’est dupe. Car si Kamal Haasan se voit en challenger incarnant le renouveau, Rajinikanth va concourir pour sa part “sous la couleur safran”, celle qu’arbore le BJP, le parti nationaliste hindou au pouvoir. Une manière de dire que ce dernier pourrait servir de cheval de Troie au Premier ministre indien, Narendra Modi, dans une région où le BJP n’a jamais percé jusqu’à présent.

 

Guillaume Delacroix, Courrier International.comile é » février 2018