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Dans une rue piétonne à Varanasi, dans l’Uttar Pradesh. Antoine BOUREAU / Photononstop

 

Le gouvernement Modi a renoncé à généraliser l’interdiction de l’abattage des bovins, qui existe dans certaines régions de l’Inde, sous la pression de la justice, qui lui reprochait de vouloir mettre à terre la filière bovine au seul motif que la vache est sacrée dans la religion hindoue.

Coup de théâtre dans l’affaire de la vache sacrée : le gouvernement nationaliste hindou de Narendra Modi renonce à interdire l’abattage de bovins ainsi que la consommation de leur viande. C’est le journal The Indian Express qui a annoncé la nouvelle en exclusivité, jeudi 30 novembre au matin, après avoir reçu cette confidence d’un haut fonctionnaire du ministère de l’Environnement. “Nous avons envoyé un dossier au ministère de la Justice en début de semaine indiquant que nous retirions la mesure en raison de plusieurs difficultés”, indique ce dernier, sans donner davantage de détails.

Au nom de la défense des animaux, New Delhi avait généralisé en début d’année l’interdiction, qui existe dans certains États de l’Union indienne, de vendre les vaches sur les marchés aux bestiaux destinés à leur envoi à l’abattoir. L’exécutif avait alors été accusé de prendre une décision “idéologique”, encourageant les mouvements de protection de la vache à “harceler” les éleveurs et les équarrisseurs, en majorité musulmans.

Or “au mois de mai, le tribunal de Madras avait suspendu le dispositif” au Tamil Nadu, rappelle The Indian Express. Et en juillet la Cour Suprême de l’Inde avait imposé “un moratoire national”, le temps que le gouvernement trouve le moyen de ne pas mettre à terre la filière bovine, ni en amont la filière laitière, ni en aval les métiers du cuir. L’exécutif a finalement décidé de jeter l’éponge.

The Indian Express (Bombay) in Courrier International.com le 30 novembre 2017.