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L’Aviation civile en Inde, un marché très convoité


 

La deuxième édition du Salon international de l’Aviation civile indienne a ouvert ses portes hier à Hyderabad, dans le sud de l’Inde. L’occasion de revenir sur les forces et faiblesses d’un marché en plein essor.

 

 

 

Le Salon indien de l'Aviation a ouvert ses portes hier à Hyderabad, pour sa deuxième édition, qui s'achèvera dimanche. Il devrait, cette année encore, attirer plus de 200 firmes étrangères et des milliers de visiteurs. Airbus, Bombardier, ou encore Dassault, sont autant de compagnies présentes, toutes alléchées par les perspectives qu'offrent le marché indien de l'Aviation civile, en plein boom.

Un essor que confirme les déclarations à l'Indian Express de Praful Patel, ministe de l'Aviation civile : "le secteur connaît actuellement une croissance de 18% par an, […] et nous aurons besoin dans les prochaines années de 400 nouveaux aéroports. Dans les cinq prochaines années, notre flotte commerciale devrait aussi s'accroître de 200 à 300 avions supplémentaires". Un optimisme qui a de quoi réjouir les constructeurs présents à Hyderabad, qui espèrent bien rafler leurs parts de contrats.
 
Actuellement en neuvième position du classement des marchés aéronautiques mondiaux, l'Inde a connu des bouleversements profonds dans ce secteur depuis les années 90. D'abord l'ouverture du marché aux entreprises privées, comme Jet Airways, qui eut lieu en 1994. Le pays a construit depuis de nombreux aéroports, tant régionaux qu'internationaux, ce qui devrait faire de l'Inde, à terme, le "hub" de la région Asie Pacifique. D'autant que le nombre de passagers potentiel s'accroît (+ 22 % depuis l'année dernière), parallèlement au pouvoir d'achat des classes moyennes.

Autant de données qui expliquent pourquoi les industries et constructeurs étrangers s'intéressent de très près à l'Inde. A l'honneur à Hyderabad, les Etats Unis, notamment, se sont montrés conquérants : "Je souhaite que nos entreprises présentes ici sachent que le gouvernement est pleinement derrière elles pour les aider à saisir l'opportunité que présente le marché de l'aviation indienne", aurait déclaré au Hindu Timothy J. Roemer, l'ambassadeur des Etats-Unis à New Delhi.
 
La France n'est pas en reste, puisque la DGAC, la Division Générale de l'Aviation Civile, ainsi que le GIFAS , le Groupement des Industries Françaises Aéronautiques et Spatiales, sont les partenaires exclusifs de l'Inde dans l'organisation de ce Salon, afin de promouvoir au mieux les firmes françaises comme Thalès, Airbus, ou encore le groupe Dassault. Celui-ci profite notamment de ce Salon pour livrer et surtout exposer un de ses Falcon 7x , commandé par l'Inde, et l'une des meilleures ventes du groupe.

Tout n'est pas rose cependant pour le secteur de l'aviation civile indienne. A commencer par les impacts de la crise, qui a beaucoup ralenti le marché. Une crise qui serait désormais "terminée", selon Praful Patel, mais qui fait toujours sentir ses effets, notamment pour Air India. L'entreprise publique, en déficit, doit en effet faire face et réduire les salaires de ses 30 000 employés de 15%, selon le quotidien Mint. A quoi s'ajoute d'autres difficultés économiques : en raison de l'augmentation des prix des carburants, les taxes autrefois appliquées aux vols internationaux devraient désormais s'appliquer aux vols intérieurs. C'est en tout cas la requête que désire faire Praful Patel, "lorsque les compagnies d'aviation seront complètement sorties de cette période de troubles". 
 
Françoise Lanby, Aujourd'hui l'Inde, le 4 mars 2010