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Afin de se débarrasser des billets, le gouvernement indien lance le paiement via empreinte digitale, sans smartphone.

 

 

 

 

La campagne de démonétisation, pour lutter contre la corruption, lancée par l’Inde en novembre dernier continue de battre son plein. Le gouvernement indien vient de lancer l’application Aadhaar Payment, dont le but est de permettre un règlement sans liquide, carte de crédit ou smartphone, uniquement à l’aide de son empreinte digitale.

 

«Cette appli’ peut servir pour effectuer des paiements sans aucun téléphone», explique Ajay Bhushan, président de l’Autorité d’identification unique de l’Inde (UIDAI). Car malgré un marché en constante croissance (+ 28% en 2015), le smartphone peine à s’imposer en Inde. Seulement 200 millions d’Indiens possèdent un smartphone, soit un habitant sur six.

 

L’argent qui brûle les doigts

 

Aadhaar (fondement en hindi) est un programme déployé par l’UIDAI qui vise à attribuer un numéro unique à chaque citoyen. Sur les 1,2 milliards de résidents, seuls 100 millions ne possèdent pas d’identifiants Aadhaar.

 

«Presque 400 millions de numéros Aadhaar sont déjà liés à des comptes en banque, soit la moitié des adultes d’Inde», se félicite Ajay Bhushan. «Le but est de relier tous les numéros Aadhaar à des comptes bancaires avant mars 2017.»

 

Une fois l’application (uniquement disponible sur Android) téléchargée, l’utilisateur doit encore acheter un lecteur biométrique vendu 30 euros pièce. Il lui suffit ensuite de lier son compte en banque avec son numéro Aadhaar, puis de scanner son empreinte digitale. Le consommateur pourra alors payer ses achats dans tout commerce équipé d’un lecteur d’empreintes, d’une simple pression du doigt.

 

Rien n’est moins sûr

 

Deux problèmes se profilent cependant avec cette nouvelle solution. La connectivité en premier lieu. Les commerçants devront bénéficier d’une couverture réseau décente pour pouvoir profiter d’Aadhaar Payment. Or en 2016, le taux de pénétration internet en Inde est de 35%, soit près de 460 millions d’internautes. Plus de deux tiers de la population auront difficilement, voire pas pour les villages les plus reculés, accès au service.

 

Autre souci, et non des moindres, celui de la sécurité. La base de données comportant des millions d’empreintes digitales et d’informations bancaires risque d’être une cible privilégiée par les hackers. Il serait contre-productif qu’un service mis en place pour faciliter la vie de la population (à l’instar de la géolocalisation de toilettes) se transforme en véritable cauchemar pour cette dernière.

 

 

 

M. Excuisite, Journal du Geek.com le 26 décembre 2016.