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Le nouveau Terminal 3 de Delhi, opération séduction

 


Depuis quelques mois, l’aéroport International de Delhi est en plein chantier. Tous les regards sont tournés sur la construction du Terminal 3. Un lieu qui compte dominer le marché du luxe dans l’économie aéroportuaire asiatique.

 

 
 

 

 

Les Indiens seraient des acheteurs compulsifs dans les duty-free, mais pas en Inde. Ils dépenseraient moins de 2,20 € dans les aéroports indiens, selon les estimations de l'industrie du détail. Pour remédier à ce problème et relancer le marché du luxe dans son secteur aéroportuaire, DIAL (Delhi International Airport Pvt. Ltd) a lancé un grand projet : la création d'un troisième terminal. Un lieu qui accueillerait les vols nationaux et internationaux. Et surtout un concurrent qui distancerait les aéroports de Singapour et de Dubaï, les destinations " shopping " favorites des Indiens.

"Nous voulons que le Terminal 3 apparaisse comme un authentique centre commercial ", déclare le responsable commercial et du développement stratégique à l'aéroport de New Delhi, Suredj Autar, dans le quotidien Mint. Le Terminal 3, qui est actuellement en construction et qui sera opérationnel dès juillet 2010, soit 3 mois avant les jeux du Commonwealth, parle de lui-même. D'une superficie de 46 hectares, soit l'équivalent de trois terrains de football, le terminal accueillera plus de 1000 marques de luxe, de Fabindia, marque locale, à Mark and Spencer ou Versace.

Un chiffre d'affaires estimé à 10 milliards de roupies

Les boutiques de nourriture " raffinée " et de bijoux vont donc s'étaler à portée de vue de tous les passagers, avec comme idée " que les consommateurs dépensent plus dans le Terminal 3 ". DIAL espère atteindre un bénéfice de 160 millions d'euros dès la première année. Pourtant l'objectif parait difficilement réalisable pour le consultant du détail dans l'aéroportuaire, Rakesh Chopra. En effet les terminaux du Bangalore et d'Hyderabad, ouverts en 2008, enregistrent des mauvais chiffres, bien que le profil des passagers qui convoient dans ou à l'extérieur de Delhi soient des gens attirés par le secteur du luxe.

Pour inciter à la consommation et attirer la clientèle locale, un accès par le métro sera aussi possible, et un parking, pouvant accueillir 4300 voitures, va être créé. Sans compter la massive communication qui va bientôt être lancée. Mais DIAL veut aussi toucher le public international. Selon GMR infrastructure Ltd, le développeur du projet, le terminal aura la capacité d'accueillir 60 millions de passagers par an. Des campagnes publicitaires seront adressées aux voyageurs Européens, Australiens et Chinois, des acheteurs beaucoup plus généreux.

Un objectif difficilement réalisable

Si l'optique affichée est de donner un coup d'accélérateur à l'économie aéroportuaire Indienne, il va pourtant être difficilement réalisable pour Delhi de devenir la première destination " shopping " d'Asie. Ses voisins sont de féroces concurrents. Pékin possède le plus grand terminal du monde, avec une superficie supérieure à 3 km. Et Dubaï affiche un chiffre d'affaires moyen de 816 millions d'euros annuel. Mais peut-être reste-il à Delhi la possibilité de paraître dans le top 5 des meilleurs services aéroportuaires votés par les passagers, puisqu'en haut du classement culminent les aéroports d'Asie.

Ella Martin, Aujourd'hui l'Inde,  le 19 février 2010