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Catégorie : Actualité du C.I.D.I.F

Télécoms: l’Indien Bharti Airtel négocie le rachat des filiales africaines de Zain


 

Le géant koweïtien des télécommunications Zain a annoncé lundi qu'il allait engager prochainement des discussions avec le groupe indien Bharti Airtel après avoir accepté son offre pour une reprise de ses filiales africaines pour 10,7 milliards de dollars.

 

 
 

Le Conseil d'administration du groupe de télécoms kuwëitien  Zain a précisé dans un communiqué avoir accepté dimanche "une offre reçue de Bharti Airtel pour engager des discussions exclusives jusqu'au 25 mars au sujet de la vente de ses filiales africaines pour un montant total de 10,7 milliards de dollars".

"Il n'y a pas de garantie que la transaction soit finalisée", précise le communiqué. Selon le texte, l'offre n'inclut pas les filiales au Maroc et au Soudan de Zain qui opère dans 15 autres pays africains, dont le Nigeria, le Ghana et le Tchad. La compagnie indique que le montant final du contrat pouvait encore faire l'objet de "négociations".

L'offre de l'opérateur indien a été approuvée "à l'unanimité", a affirmé le président de Zain Asaad al-Banwan, cité par le quotidien koweïtien Al-Qabas.

Cela signifie que le représentant de l'Autorité d'investissement de Koweït, un fonds souverain de l'émirat, qui détient 24,6% des parts dans Zain, a approuvé la transaction, qui bénéficie alors du soutien du gouvernement.

En vertu de la transaction, Bharti devrait verser 10 milliards de dollars avant la mi-avril et les 700 millions restants avant la fin de l'année, selon Al-Qabas citant des sources non identifiées. La Bourse de Koweït a suspendu les transactions sur le titre Zain, qui a gagné la semaine dernière plus de 20% après les informations sur la nouvelle offre.

Zain avait pénétré le marché africain en 2005 en reprenant les actifs de Dutch Celtel pour 3,5 milliards de dollars. Elle a ensuite opéré d'autres acquisitions en Afrique et élargi ses opérations au Moyen-Orient en investissant plus de 12 milliards de dollars.

Bharti Airtel avait de son côté déjà tenté de mettre un pied en Afrique, lors d'une fusion avortée avec le groupe sud-africain MTN, leader sur le continent. Estimé à 23 milliards de dollars, le rachat de 51% des parts de ce dernier par Bharti Airtel a finalement échoué en septembre dernier, les deux groupes n'ayant pas réussi à trouver un accord.

Le numéro deux indien des télécoms Reliance Communications (Rcom) avait lui aussi essayé de s'allier avec MTN quelques mois plus tard avant d'échouer à son tour. L'opération aurait donné naissance à un des plus gros opérateurs du monde, les deux groupes rassemblant à eux deux près de 200 millions d'abonnés.

L'Afrique, dont le marché des télécoms est en plein essor, est une cible attractive pour les opérateurs étrangers qui cherchent à développer leurs opérations à l'international. Zain avait par ailleurs rejeté une offre de Vivendi SA en 2009 pour le rachat de ses filliales africaines, selon le quotidien économique Mint.

De nombreux analystes accusent cependant Airtel, de vouloir s'implanter en Afrique à tout prix, à l'heure où le marché indien devient de plus en plus saturé, et doutent de la rentabilité financière de l'opération pour le groupe Indien. L'action Bharti Airtel a d'ailleurs chuté de 10% suite à l'annonce du rachat,. Le ministre indien des Télécommunications A. Raja a toutefois déclaré que le rachat des filiales africaines du groupe Kuwëitien était "bon pour l'industrie",  selon l'Economic Times.

Zain opère dans 24 pays,  notamment à Bahreïn, en Irak, en Jordanie, au Liban, en Arabie saoudite et au Koweït. Sa capitalisation est 16,1 milliards de dollars. Bharti Airtel est le premier opérateur indien avec près de 65 millions d'abonnés.

 

Antoine Guinard avec AFP, in Aujourd'hui l'Inde, le 15 février 2010