Blue Flower

"Une menace terroriste pèse sur les relations indo-pakistanaises"



Le secrétaire américain à la Défense a affirmé mercredi que des terroristes affiliés à Al-Qaïda cherchaient à déstabiliser l'Asie du sud avec une attaque visant l'Inde qui pourrait déclencher une nouvelle guerre contre le Pakistan, son grand voisin rival.

 

 
 

 

 

Reflétant les inquiétudes dans la région liées à la façon dont réagirait New Delhi si le pays était de nouveau attaqué, après les attentats de Bombay fin 2008, Le secrétaire américain à la Défense Robert Gates a déclaré qu'on ne pouvait garantir une réaction mesurée de la part de l'Inde.

Selon le secrétaire à la Défense, les militants terroristes sous la "bannière" d'Al-Qaïda, tels que les talibans au Pakistan et en Afghanistan ainsi que le groupe islamiste installé au Pakistan Lashkar-e-Taiba (LeT), constituent une menace pour l'ensemble de l'Asie du sud.

Ils cherchent "à déstabiliser non seulement l'Afghanistan, non seulement le Pakistan, mais potentiellement l'ensemble de la région en provoquant un conflit peut-être entre l'Inde et le Pakistan au travers d'actes de provocation", a-t-il déclaré à la presse mercredi à New Delhi.

M. Gates est arrivé dans la capitale fédérale indienne pour une visite de deux jours visant à promouvoir des liens "stratégiques" bilatéraux. "Il est important de reconnaître l'amplitude de la menace qui pèse sur la région", a-t-il déclaré à l'issue d'un entretien avec son homologue indien, A.K Antony.

L'Inde et le Pakistan se sont fait trois guerres depuis leur partition en 1947, notamment concernant la région disputée du Cachemire, et les relations entre les deux puissances nucléaires, jamais réchauffées depuis, se sont de nouveau tendues depuis les attentats de Bombay de novembre 2008. L'Inde et les Etats-Unis ont accusé le groupe armé islamiste Lashkar-e-Taïba d'avoir perpétré ces attaques.

New Delhi n'avait toutefois pas mobilisé son armée, contrairement à 2001 où le pays avait regroupé ses troupes près de la frontière pakistanaise après une attaque ayant visé son parlement.

Même si Robert Gates a loué le pays pour avoir faire preuve de retenue après ces attaques sanglantes, il a suggéré que l'Inde pourrait ne pas rester mesurée si elle était de nouveau la cible d'attentats. "Je pense qu'il n'est pas déraisonnable de supposer que la patience de l'Inde a des limites si jamais elle est de nouveau attaquée", a-t-il déclaré.

New Delhi, qui soupçonne que les assaillants de Bombay ont reçu un soutien logistique des services de renseignements pakistanais, avait demandé que le Pakistan soit l'objet d'une pression internationale accrue pour mettre un terme aux actions des islamistes agissant sur son sol.

M. Gates a qualifié l'Inde de partenaire indispensable dans la lutte contre les menaces extrémistes, exprimant sa gratitude pour son aide économique en Afghanistan. Il a ajouté avoir discuté d'un renforcement de la coopération militaire entre l'Inde et les Etats-Unis.

A l'occasion de deux rencontres séparées avec le Premier ministre indien Manmohan Singh, puis avec son ministre des Affaires étrangères S.M. Krishna, il a aussi assuré aux dirigeants indiens que les Etats-Unis n'abandonneraient pas l'Afghanistan, malgré l'existence d'un plan de retrait progressif de l'armée américaine de ce pays.
 
Dan De Luce, Aujourd'hui l'Inde, le 20 janvier 2010.